Aspérule odorante

Plante printanière, l’Aspérule odorante  Asperula odorata, encore appelée Gaillet odorant Galium odoratum, est une herbacée de la famille des Rubiacées.

Elle tire son nom de ses caractères : Aspérule vient du latin asper qui signifie « rugueux », ceci en raison de ses feuilles dont les bords dentés accrochent au passage du doigt, le mot odorant faisant allusion à l’odeur plutôt agréable qu’elle dégage en séchant.

D’autres noms lui sont aussi donnés : Petit Muguet, Reine-des-bois, Thé Suisse, Belle-étoile…

Aspérule odorante
Aspérule odorante (fleurs)

C’est une plante dressée, avec une tige longue de dix à trente centimètres, quadrangulaire et lisse. Les feuilles sont entières, ovales allongées et d’un vert peu luisant. Elles sont groupées généralement par six ou huit, presque glabres, en verticilles régulièrement espacés.

Au sommet, les inflorescences sont des discrètes petites fleurs blanches à quatre pétales en croix. Chaque fleur donne naissance à deux fruits hérissés de poils crochus de quelques millimètres. Ce dispositif permet une fixation sur la fourrure des animaux (lapins, renards…) et favorise ainsi la dissémination de l’espèce. La plante progresse également localement par l’extension de ses rhizomes.

Asperule odorante

Elle se développe surtout dans les sous-bois de feuillus, notamment sous les hêtres. Toutes ses parties contiennent une substance nommée aspéruloside qui, par action chimique spontanée au séchage, donne la coumarine laquelle dégage une odeur de foin sec.

Le nom de coumarine trouve son origine en Amérique du Sud, d’un arbre teck nommé Dipterix odorata lequel produit un fruit contenant une fève nommée « fève tonka » appelée localement « coumarou », laquelle contient évidemment la coumarine.

Aspérule odorante

Depuis des temps très anciens, la tradition populaire a attribué à l’aspérule le pouvoir de posséder de multiples vertus, sans doute et surtout en raison de la bonne odeur qui s’en dégage.

- elle a été utilisée en infusion, comme le thé,

- elle a été fumée comme le tabac

- on l’a utilisée pour parfumer le linge rangé dans les armoires

- on lui a même reconnu une action anti-mites.

Dans le domaine de la santé elle était censée porter remède à bien des maux ; faciliter la digestion, calmer douleurs et névralgies diverses, traiter les vertiges, l’insomnie et les agitations diverses, les engorgements du foie, faciliter la diurèse et désinfecter les voies urinaires. On en faisait des préparations pour des applications sur la peau : enflures, blessures, abcès, dartres...

Dans l’Est de la France, en Alsace, elle était utilisée et on l’utilise encore pour fabriquer le « vin de mai », une boisson familiale réputée apéritive tonique et digestive.

Les recettes sont variées bien que suivant les mêmes grandes règles.

En voici une parmi d’autres >

Ingrédients :

- vin blanc sec (2 litres),

- sucre 200 g,

- fleurs d'aspérule 100 g,

- calvados ½ verre

  • Récolter des fleurs d’aspérule et les mettre à sécher pendant deux heures.
  • Placer ensuite ces fleurs dans un grand saladier et verser dessus le vin blanc bouillant, puis laisser infuser pendant une demi-heure.
  • Ajouter ensuite le sucre et le calvados, laisser encore infuser un quart d'heure.
  • Filtrer puis mettre en bouteille.
  • Conserver au frais les bouteilles de boisson, pendant au moins deux mois.

A consommer avec modération.