Château d'eau Eiffel

Il est bien surprenant de découvrir, à moins de 3km au nord de la ville de Senlis et au bord d’un sentier de la forêt d’Halatte, s’élevant au milieu d’une petite clairière entourée d’une haute clôture grillagée, une bien curieuse construction.

Il s’agit d’une tour constituée de solides piliers métalliques, supportant une imposante partie cylindrique, elle-même encore surmontée d’une structure centrale moins importante évoquant un poste d’observation.

Cet édifice n’est pas sans nous rappeler la silhouette des châteaux d’eau en béton de notre époque et le grand panneau explicatif situé à l’intérieur de la propriété nous le confirme, il s’agit du château d’eau du village voisin de Chamant.

L’emplacement de cet ouvrage en pleine forêt ainsi que son architecture métallique particulière qui n’est pas sans évoquer la célèbre tour parisienne de renommée mondiale édifiée par l’ingénieur Gustave Eiffel pour l’exposition universelle de 1889, pose néanmoins deux questions essentielles : pourquoi avoir édifié un château d’eau en pleine forêt et pourquoi l’avoir construit entièrement en métal selon une architecture tout à fait semblable à celle de la Tour Eiffel.

Si la rumeur locale affirme que c’est bien Eiffel qui a construit cette tour, il convient de dire que l’identité du véritable auteur de l’ouvrage n’est pas connue. Il ne s’agit probablement pas d’Eiffel lui-même mais peut-être de l’un de ses collaborateurs.

A l’évidence,  il s’agit d’un ingénieur connaissant et maitrisant les techniques architecturales du maître.

Château d'eau de Chamant

Ce château d’eau, car il s’agit bien à l’origine d’un château d’eau privé, fut érigé à la fin du XIXe siècle sur commande du riche industriel Albert Menier (1858-1899), héritier avec deux de ses frères, des chocolateries Menier, créées en 1825 par son grand-père, Jean-Antoine-Brutus Menier.

Grand amateur de chevaux de courses, passion notablement exagérée par un comportement mégalomaniaque, Albert Menier consacra une grande partie de sa fortune à l’acquisition de haras et c’est pour pouvoir disposer en outre d’un centre d’entrainement à la mesure de son élevage qu’il acheta le château et le haras de Chamant, en 1891.

Avoir constamment des pistes d’entrainement en bon état nécessite des arrosages fréquents. Il faut aussi pouvoir abreuver les chevaux. Il est donc nécessaire de pouvoir disposer d’eau en abondance. Pourquoi ne pas aller chercher cette ressource dans la nappe phréatique et effectuer un forage au plus près des pistes. Voilà donc l’explication du choix du site. Quant à la méthode utilisée pour l’édification, c'est-à-dire l’architecture métallique, c’est une technique bien maitrisée à cette époque, assez facile à mettre en œuvre et jouissant d’une bonne réputation de solidité.

D’une hauteur de 30m la tour supporte un réservoir cylindrique, également en fer, d’une capacité de 300m3. Elle fut offerte à la commune de Chamant au début des années soixante, au moment de la réalisation du réseau collectif de distribution en eau potable de cette commune. Ce fut l’occasion d’importants travaux de restauration de l'ouvrage avec apport des améliorations rendues nécessaires pour satisfaire aux besoins de la population.

C’est grâce à cette opération que l’édifice continue d’exister.

Cerise sur le gâteau, il est classé monument historique depuis 1998.

Le Réservoir

 

< Le réservoir

La structure, au niveau du tiers supérieur >

La structure, au niveau tiers supérieur