Cerisier de Ste Lucie

Le Cerisier de Sainte-Lucie est aussi connu sous d’autres appellations telles que Prunier odorant ou Faux merisier.

Il s’agit d’un arbuste de la famille des Rosacées et du genre Prunus, commun dans toute l'Europe occidentale, mais qui a été importé jadis des pays du Moyen-Orient.

Il pousse dans les fourrés arbustifs, les bois clairs, les garrigues, de préférence sur les sols calcaires et porte le nom latin de Prunus mahaleb.

 Le terme mahaleb viendrait du latin scientifique de la Renaissance almahaleb, par emprunt à l’arabe « mahlab »,  désignant le même cerisier sauvage.

Cerisier de Sainte-Lucie (aspect général)

Il est souvent très ramifié dès la base, avec de nombreux rameaux étalés. Son tronc est tortueux, à écorce d'abord lisse et grise puis noirâtre à pourpre, crevassée en long.

Les feuilles sont alternes, ovales et souvent pliées le long de la nervure principale et présentent une marge finement dentée, avec de minuscules glandes, les nectaires, situées entre les dents.

Cerisier de Ste Lucie (feuilles )

 

Cerisier de Sainte-Lucie

 

< Les feuilles

Les nectaires >

Cerisier de Ste Lucie (nectaires)

Plus large en son milieu, le limbe a la base en forme de cœur. Le liquide sucré produit par ces glandes attire les fourmis, lesquelles, par leur présence, protègent leur hôte des insectes susceptibles de venir manger les feuilles. Le pétiole mesure 2 à 3 cm. Il est pubescent puis devient glabrescent et porte un ou deux nectaires.

Cerisier de Ste Lucie (fleurs)

Les fleurs, très parfumées, se développent au printemps. Elles sont de couleur blanche, groupées en grappe dressées comprenant de quatre à dix unités.

Les fruits sont verts, devenant rouges puis noirs lorsqu’ils ont atteint la maturité.  Ce sont des drupes beaucoup plus petites que les cerises. Elles sont comestibles mais délaissées en raison de leur saveur très amère. Les oiseaux en sont cependant très friands. Dans certaines régions, on les utilise, les faisant macérer dans l’alcool, pour l’élaboration de liqueurs.

Cerisier de Ste Lucie (fruits)

La dénomination de Prunier odorant lui est donnée à cause du parfum qui se dégage du bois, de l'écorce et des feuilles et qui est dû à la présence d’une substance portant le nom de coumarine.

Cette coumarine est aussi contenue dans certaines graminées ce qui contribue à donner au foin fraîchement fauché une odeur très caractéristique. Flouve odorante et aspérule odorante en contiennent également.

Si les fruits présentent un intérêt limité, l’espèce est employée à d’autres usages et notamment dans le domaine de l’arboriculture fruitière où elle sert largement de porte-greffe pour le cerisier commun, essentiellement pour son adaptation à tout type de terrain. On en a aussi tiré des cultivars, pour le côté ornemental de l'arbuste.

Dans le domaine culinaire, les amandes contenues dans les noyaux sont broyées pour fabriquer un produit nommé aussi « mahaleb », qui sert à parfumer les plats. Cette épice est utilisée depuis très longtemps dans les pays du Moyen-Orient.

Le bois a été employé en ébénisterie, pour la sculpture de petits objets décoratifs, la fabrication de tuyaux et de fourneaux de pipes et aussi de manches de parapluie.

Au cours du XVIIè siècle, dans la Meuse, les moines d’un couvent proche du village de Sampigny ont développé un artisanat d'objets religieux fabriqués dans le bois à grain fin de cette essence, très abondante dans le voisinage.

Ce couvent avait pour nom  « Sainte-Lucie-du-Mont ». Voilà donc l’explication de la dénomination "Cerisier de Sainte-Lucie"