Crachat de coucou

Il n’est pas rare, au cours de nos sorties botaniques en période printanière, que l’un des membres de notre petit groupe d’observateurs de la nature attire l’attention de ses compagnes et compagnons sur sa découverte d’un crachat de coucou. Cette appellation insolite d’un phénomène naturel plutôt curieux mérite quelques explications.

L’on observe, çà et là, enrobant la tige de certaines plantes, un amas blanchâtre et spumeux dont l’aspect général peut effectivement évoquer un crachat humain.

Quant au fait que ce crachat pourrait être une expectoration produite par le coucou, cet oiseau très commun de nos bois et forêts et dont le chant est aisément repérable (ce qui n’est habituellement pas le cas de l’oiseau lui-même), cette hypothèse ne paraît pas très pertinente.

Peut-être s’agit-il tout simplement de la transmission orale d’une croyance populaire ancienne. Quoi qu’il en soit, ce « crachat » porte aussi le nom d’Ecume printanière, appellation beaucoup plus seyante.

Crachat de coucou

En fait, le responsable de cette formation est la larve d’un insecte de l’ordre des Homoptères, le Cercope écumeux ou Cicadelle ou Philène spumeuse (Philaenus spumarius), que l’on trouve communément en été dans nos prairies.

La larve dont il est question, qui se nourrit de sève, se fixe rapidement sur un site choisi par elle comme étant riche de nourriture. Elle s’entoure alors d’une écume constituée d’un mélange de ses propres excréments liquides et de sécrétions produites par des glandes abdominales qu’elle possède. Le tout est rendu spumeux car la larve y injecte de l’air.

Fragile de par son état, elle se trouve alors protégée à la fois des prédateurs éventuels et des conditions atmosphériques, notamment du froid. Dans ce cocon protecteur se maintient également un degré hygrométrique satisfaisant où la larve va pouvoir se nourrir et se développer jusqu’à parvenir à son état définitif d’insecte parfait.