Mante religieuse

Au cours de nos sorties botaniques, nous avons parfois l’occasion de découvrir, dans une prairie, agrippé à une tige herbacée, cet insecte que l’on peut approcher de très près, à le toucher.

Tout à fait indifférent à notre présence, nous pouvons le photographier tout à loisir, jusqu’à ce que la lassitude nous gagne.

Pourquoi portons-nous un tel intérêt à cette petite bête ?

Serait-ce en raison de la terrible réputation qu’ont les femelles de dévorer leur mâle ?

Il existe de nombreuses espèces de mantes de par le monde, dont certaines de taille importante. En France, on en dénombre 9 espèces, d’une taille allant de 2 cm environ pour les plus petites, jusqu’à 8 cm pour les plus grandes.

 

Mante religieuse - Mantis religiosa
Mante religieuse - Mantis religiosa

La Mante religieuse Mantis religiosa est la plus grande des mantes d’Europe. C’est un insecte connu également sous le nom de Mante Prie-Dieu. Son qualificatif de « religieuse » vient du fait qu’elle possède des pattes antérieures qu’elle replie comme pour se mettre en position de prière : il s’agit en fait d’une position de guet, à l’affut d’une éventuelle proie passant à sa portée.

Les mantes sont toutes des prédatrices très voraces qui se nourrissent en particulier d’insectes : mouches, criquets… Les prairies et les friches naturelles sont donc leur milieu de vie privilégié car elles y trouvent beaucoup d’insectes et donc une nourriture abondante.

Les insectes prédateurs sont souvent cannibales et, s’ils ont faim, ils n’hésitent pas à s’attaquer à leur propre espèce afin de s’en régaler. Il en est également ainsi chez les araignées.

S’il arrive effectivement que la Mante religieuse dévore parfois le mâle après  l’accouplement  (et même pendant), ce n’est effectivement pas toujours le cas car ce cruel comportement ne se produit que si elle a faim. Le malheureux élu est alors une proie facile car plus petit et donc très vulnérable.

Dame Nature semble avoir tout prévu. L’amante dévoreuse commence par croquer la tête du partenaire pendant que le corps du mâle continue l’accouplement ! Dans cette terrible situation, la copulation peut se prolonger encore, parfois longtemps (certains observateurs très patients font état de plusieurs heures). La raison en est simple : l’extrémité de l’abdomen contient les ganglions nerveux responsables de la reproduction. Il suffit donc que notre heureuse et insatiable élue préserve cette partie.

Au stade adulte, de couleur verte ou brune, voire jaunâtre, la Mante religieuse se présente avec une tête triangulaire très mobile, un prothorax démesuré et de robustes pattes antérieures équipées de piques et de crochets, capables de se détendre violemment et de se rabattre en tenaille sur les proies en une fraction de seconde.

Malgré la présence d’une paire d’ailes membraneuses de grande taille et bien qu’étant apte au vol, la femelle se déplace surtout à l’aide de ses pattes arrières, du fait de son poids. Seul le mâle, beaucoup plus petit, se déplace en volant sur de courtes distances. La taille d’une femelle oscille entre 50mm et 75mm, celle du mâle, de 40mm à 60mm en moyenne mais il faut savoir que les variations de taille dépendent énormément de l’alimentation dont elles ont bénéficié au stade larvaire.

Comme chez certains Orthoptères, ses antennes sont munies de sensilles pouvant capter les vibrations de l’air provoquées par le vol d’un insecte. Face à un agresseur, la Mante adopte une attitude visant à effrayer l’adversaire : elle ouvre ses pattes avant et montre ses tâches noires qui rappellent des yeux tout en écartant ses ailes en éventail.

La femelle est ovipare. Au moment de la ponte, en septembre-octobre, elle dépose sur un support (branche, tige, pierre, mur...) une substance visqueuse qui se transforme en une loge (une oothèque) à structure en lamelles, qui devient rigide et résistante aux intempéries en séchant. Cet écrin protecteur atteint 2 à 4cm de longueur et peut contenir 200 à 300 œufs régulièrement disposés.

Mante religieuse - Mantis religiosa
Mante religieuse - Mantis religiosa

Ce n’est qu’au printemps suivant que les larves en sortent. Elles ressemblent aux adultes, mais sans ailes ni organes reproducteurs. Elles doivent alors se débrouiller seules pour se nourrir et sont déjà prédatrices, notamment des pucerons. Ce n’est qu’après une série de mues successives qu’apparaît l’insecte parfait, vers le mois d’août.

Nous en sommes alors arrivés au stade d’assurer la pérennité de l’espèce.

En hiver, tous les adultes sont morts. La génération suivante attend la fin de l’hiver, dans les oothèques.